Reportage au cœur de la production agricole de Plouneour-Menez

 

Pour rencontrer nos 33 agriculteurs-producteurs, nous nous sommes répartis en trois groupes :

– Nelly Guyader (agent d’accueil communal) et Delphine SAUBAN (Adjointe)

– Sébastien MARIE (Maire) et René CHEVER (Conseiller municipal)

– Aline COAT (Conseillère déléguée) et Laurent FONTANIER (Adjoint)

 

Jean-François COAT nous met très rapidement à l’aise avec un accueil chaleureux, au milieu des belles maisons en pierre de Scarabin et d’immenses hangars agricoles. Il est installé dans la ferme familiale, SARL des Acacias, depuis 27 ans : une quarantaine de vaches laitières et autant de vaches landaises d’engraissement. Son lait est commercialisé sous les marques EVEN, Paysan Breton, et Socopa pour la viande. On les retrouve dans les supermarchés de la région. Presque une heure d’échanges ; l’occasion de parler de l’agriculture, mais aussi de questionner sur les projets de la municipalité…

« Alors ? Est-ce qu’on a été de bons reporters pour le Ploun’Info ?«  Ouf, Jean-François nous dit que nous avons assuré ! Merci pour ta patience…

Les frères, Fabien et Mickaël BOGA, nous accueillent dans leur ferme familiale, EARL D’ENEOUR, d’élevage de pigeonneaux au Pouleis. Le seul en Finistère ! Depuis 2012, ils font naitre 90 000 pigeonneaux de chair par an, qu’on retrouve sous la marque « Le Pigeonneau des Gourmets », dans les restaurants gastronomiques de France et du monde entier (localement, Hôtel de Carantec, l’Auberge de Saint Thégonnec, Hostellerie Pointe Saint-Mathieu) et aussi à l’Intermarché d’Huelgoat, ou Leclerc Brest et Saint-Pol-de-Léon. A côté de l’élevage, nous retrouvons un abattoir et sur une partie de la toiture, installés récemment, des panneaux photovoltaïques produisant actuellement 40% de l’électricité consommée.

Leur dernier projet est la création de terrine de pigeon de réforme, en conserve, avec une recette du chef étoilé Nicolas CARO et commercialisée dans les épiceries fines et sur internet. De quoi maîtriser le process complet, de l’élevage à la livraison, et de valoriser pleinement les différents produits. « Nous sommes les seuls au monde à proposer des pigeonneaux nourris à la farine de châtaigne pour les restaurants étoilés« , complète Mickaël.

Les écuries du Roch à Rungoat, chez Allan LEON. Avec Hélène, son employée, ils font descendre du van deux magnifiques chevaux de retour d’un entraînement matinal. Quelques pas pour vérifier que personne ne boite, puis prise de photos pour le Ploun’Annuel.

Sur 60ha, Allan élève à l’herbe en agriculture durable, une centaine de chevaux (principalement des anglo-arabes). Les quatre à vingt naissances de poulains par an sont destinées au sport et notamment à la course d’endurance (90% à l’export). « Je me sens très bien à Plounéour-Menez et suis ravi d’avoir choisi cette commune pour mon installation » nous dit Allan. Cavalier professionnel, il a été vice-champion du monde en Endurance en 2019, sélectionné 4 fois en équipe de France et comptabilise 400 qualifications en Endurance. Il est en plus entraîneur d’équitation. Alors ? Quels seront les futurs champions à Rungoat ?

Ewen KERGUILLEC, jeune agriculteur de 23 ans, a installé son Entreprise de Travaux Agricoles (ETA) depuis 5 ans à Commana. Il vient de reprendre la ferme de Keramborn pour y élever, en plus de son ETA, des vaches limousines allaitantes. On le retrouve sur des prairies de Kergaer.

Le paysage est magnifique, et quinze gentilles vaches viennent faire les curieuses et se laisser caresser. « Elles n’ont pas peur des humains, mais ce sont des animaux, il faut rester vigilant, surtout que le taureau n’est pas loin », me met en garde Ewen. Six à sept mois dehors à l’herbe sur des prairies en agriculture bio, on retrouvera prochainement cette viande dans les supermarchés de la région.

De l’autre côté de la colline, au Peyer, voici Jean-Luc GUYADER et son troupeau d’une cinquantaine de vaches laitières. C’est la fin de la traite (matin et soir, 7/7 et 365 jours par an), les vaches laitières traversent la route pour rejoindre le pré. Le tracteur barre la route pour éviter qu’elles ne s’échappent. Jean-luc a repris la ferme familiale il y a 30 ans, déjà. Avec 50 ha de prairies, 20 ha de maïs et 20 ha de céréales, il élève et engraisse, également, une quarantaine de taurillons à viande.

« On fait un beau métier, pas toujours facile, mais on aime ce métier. Il faut que les citoyens se rendent compte de l’importance de l’agriculture pour l’alimentation mais, également, pour préserver et entretenir nos campagnes. Toutes les agricultures ont leur place« , nous dit-il, à la fin de cet entretien.
Un regard inquiet sur le ciel… Va-t-il réussir à faire la moisson de l’orge et de blé avant sa petite semaine de vacances dans 2 jours ?
Vous retrouvez ses produits laitiers sous les marques Even, Paysan Breton, Madame Loïc et Socopa, Marque U ou Bigard pour la viande bovine dans les supermarchés de la région.

Nous voici chez Yannick CARMES, à L’île. Ses 26 vaches Bretonne Pie Noir nous attendent dans une pairie naturelle avec vue sur le clocher du village.Très bucolique !

Le lait Bio qu’elles produisent est transformé sur place en fromages et produits laitiers, vendus sur les marchés de Ty Grean (vendredi soir), Morlaix (samedi matin), à la supérette de Plounéour-Menez et au Stal. Depuis un an, Yannick a monté un spectacle de rue, burlesque, avec la compagnie ADEKWATT et se produit dans la région. Il a, en plus, comme projet de planter des arbres fruitiers et des haies. On comprend mieux pourquoi nous avons eu beaucoup de difficultés à trouver une date pour le rencontrer… Quelle énergie ! Voici un agriculteur qui ne manque pas d’idées et nous exhorte à « venir au marché« .

On en profite pour aller au fond de l’impasse de la route de L’île, chez PLANTAREE

Marie-Jo FOURRES, Jean-Francois MALGORN et Nathalie cultivent sur 5 000m² de terres certifiées Bio des plantes médicinales. Cueillies à la main et complétées par des plantes de producteurs de la région, c’est plus de 70 espèces qui sont transformées, selon des formules développées par Marie-Jo, et conditionnées sur place dans un laboratoire. Ainsi, 54 produits répartis en 4 familles (Complexes hydro alcooliques, Teintures mères, Macérations huileuses, Gemmothérapie) sont commercialisés à la supérette de Plounéour-Menez, en Biocoop et réseau bio du grand ouest ou sur le site internet plantaree.bzh.

Jean-Francois nous rappelle de penser à « travailler avec les producteurs locaux et respecter la biodiversité« .

 

Cocktail de couleurs fleuries et de senteurs médicinales !

A Lanhéric, chez Fabrice GRIMAUD. Après une première vie dans le monde de la finance et des études universitaires de botanique et d’herboristerie, en 2006, il installe une production de plantes médicinales bio en permaculture, et des ruches, sur 5000m² environ. Le bâtiment (logement, séchoir et miellerie) est financé par des fonds européen FEDER. Ses tisanes, teintures mères et baumes sont commercialisés en vente directe sur RDV à Lanhéric.

Tél : 06.51.07.51.43 – Mail : grimaud_fabrice@yahoo.fr.

Ce retour à la terre est aussi une quête de sens, le choix d’une production locale et un plaidoyer pour un retour à l’autonomie alimentaire des campagnes. Fabrice nous raconte que ses grands-parents ont quitté la ferme familiale pour travailler en ville dans l’industrie, et lui, fait le sens envers, en revenant à la terre.

Respecter la nature et profiter du temps présent, tout un art de vivre !

Chez Yannick VERICEL et Krzys CHMIEL, à Garsplegent. Arrivé du monde de la gestion des entreprises, pour le premier, et, ayant tenu un restaurant réputé à Paris, pour le second, c’est sur les terres de Robert HENRY qu’ils installent une culture de légumes-fruits et un élevage de Bretonnes Pie Noir bio, en 2021. Leur production est vendue sous forme de panier de légumes sur réservation et alimente, depuis mai dernier, leur ferme auberge d’une vingtaine de couverts.

Mangeons bien, mangeons bon et local ! », c’est le message qu’aimerait faire passer Krzys avec son charmant accent polonais. Tel : 07.77.78.99.05 et mail : ferme-auberge-garsplegent.bzh

Justine VALENTIN est floricultrice à Coat Malguen et produit, sur environ 1 ha, plus de 70 espèces de fleurs, de mars à octobre, depuis 2021. Une fois coupés, les bouquets sont vendus sur le marché de Quimper (samedi matin), de Ty Grean (vendredi soir), supérette de Plounéour-Menez et Huelgoat.

Muflier, capucine, pélargonium, tagète, rudbeckia, tulipe, verveine, pivoine, alstroemère, lisanthus et autres rentrent dans des compositions florales que l’on peut aussi commander pour les mariages, anniversaires et fêtes. fleursmontsdarree.com – 06.73.62.67.10 – justine.valentin@tutanota.com

De la couleur et des odeurs, encore un lieu magnifique sur notre commune.

C’est dans son vaste potager situé à l’entrée de la route de Quilliou Menez que Richard nous reçoit chaleureusement. Arrivé comme bûcheron sur la commune, après la tempête de 1987, Richard HADDAD participe pendant plusieurs années à en réparer les dégâts, puis décide de s’installer, après avoir exercé différents petits boulots. Il démarre, en 2005, l’élevage d’un petit troupeau de vaches allaitantes qu’il arrêtera cette année. En complément, Richard engraisse 2-3 porcs par an dans son hangar de Kerhor.

Nourris de manière traditionnelle (pommes de terre et betteraves cuites, œufs déclassés d’avicultrice de la commune), chaque porc est divisé en 4 quarts de cochon, vendus sur commande et livrés à domicile. Sans doute l’exploitant agricole le plus âgé de la commune, Richard aime transmettre son métier et serait intéressé si un projet de jardins ouvriers voyait le jour pour y apporter des conseils.

Pierrick BOURLOT est installé au Gosforn depuis 2021. A la tête d’un troupeau de vaches allaitantes Highland et Bretonnes Pie Noir dont la viande, de veaux, de bœufs ou de vaches de réforme, est vendue à la ferme en colis. L’annonce de la vente est effectuée auprès de ses clients habituels environ 3 semaines avant que l’animal ne soit abattu.

A Pen ar Prajou, Lisa FABRY et Gildas KERNÉ élèvent une cinquantaine de chèvres Alpine et un troupeau de vaches allaitantes Bretonnes Pie Noir en agriculture biologique.

Le lait produit par les chèvres est transformé sur place et vendu au détail sous forme de fromages et produits laitiers sur les marchés de Ty Grean (vendredi de 16 h à 19 h), et de Morlaix (samedi matin). Les vaches allaitantes sont de race Bretonne Pie Noir. La famille KERNÉ a été une famille pionnière dans la promotion de la race avec, notamment la participation à plusieurs reprises au Salon de l’Agriculture de Paris.

Gaëlle LE ROUX, avicultrice à Guernos Bian, a commencé son activité en 2017, après avoir repris et modifié les bâtiments dans lesquels ses beaux-parents élevaient des dindes.

Son élevage de poules pondeuses, en certification AB, reste 13 mois en place. Bien que plusieurs des tâches soient largement automatisées (collecte des œufs, acheminement vers le laboratoire, contrôle technique, pointage, palettisation) une tâche importante échappe à cette automatisation : le contrôle et l’extraction de la chaine automatisée des œufs déclassés : chaque œuf passe sous l’œil averti d’un opérateur. Les poules (environ 12 000) de la race HY-Line sont élevées en plein air sur 5 ha de prairies. Les œufs sont vendus à l’entreprise SANDERS dans le cadre d’un contrat. On les retrouve au détail sous la marque Matine BIO distribuée par Super U ou sous marque de distributeur.

Dans la famille TAILLIEU, nous avons le père Bruno, la mère, Maryvonne, le fils ainé Aymeric et le cadet, Yves. Au sein d’un GAEC, installé à Quilliou Menez, le troupeau de vaches Hostein, Rouges Norvégiennes et Montbéliardes, produit du lait certifié AB, vendu à l’entreprise SILL qui le transforme en beurre LEGALL et en yaourt MALO Bio. Les cultures (herbes, maïs, céréales) sont essentiellement destinées à l’alimentation du cheptel.

Installée depuis 1998, cette entreprise familiale a triplé le nombre de bovins avec l’installation d’Aymeric en 2023. Il semblerait qu’elle soit l’exploitation la plus haute de Bretagne !

Les frères Daniel et Michel MARHIC sont les co-gérants du GAEC Marhic, situé à Roz Brulu.

Daniel s’est installé en 1989 après l’arrêt de l’exploitation agricole de ses parents. Michel l’a rejoint en 1991. L’exploitation est essentiellement dédiée à la production de lait. Ce dernier est vendu à l’entreprise SILL pour la fabrication du beurre Legall et des yaourts Malo. Très attachés à la préservation de nos paysages de montagne, les deux frères consacrent beaucoup de temps et d’effort dans la fauche et l’entretien de leurs parcelles de landes. Ils sont accompagnés, pour cela, par le Parc d’Armorique.

Comme ils disent : « Pas de Paysage sans paysans ! »

C’est dans un pré attenant à la ferme que Jean-Luc DOURMAT et sa fille, Maevane, nous reçoivent. Ici, à Traon Renard, paissent environ 80 vaches suitées (vache accompagnée de son veau). C’est en 2015, au départ en retraite de ses parents, que Jean-Luc reprend la ferme et y conduit quelques transformations : Arrêt de l’élevage de porcs, remplacement d’un cheptel de vaches productrices de lait par un cheptel de vaches allaitantes de race Limousine.

Les animaux sont achetés sur pied par Bretagne Viande au départ de la ferme; le paiement se fait en fonction du poids de carcasse. Les génisses et vaches sont destinées aux boucheries et traiteurs ; les taureaux partent à l’exportation. La ferme est exploitée en agriculture conventionnelle.

Nous voici à l’est de la commune sur la route du Relecq, au village de Kernelecq chez Baptiste MESSAGER. A la tête du GAEC du Méné, il élève des bovins, certifié AB, regroupés en deux productions :

  • du lait bio de plus de 100 vaches Holstein ou croisées, vendu à la société Biolait et distribué en grande surface comme SUPER U Pleyber Christ
  • de la viande de Blondes d’Aquitaine, qui se retrouve sur les étals de boucherie de la BIOCOOP de Saint-Martin des Champs ou Landivisiau. Des produits de découpe peuvent également être proposés sur commande à la ferme.

A côté, au 348 Kernelecq, Gwendal LE DOUR nous reçoit chaleureusement à son domicile. Gwendal a choisi de venir habiter à Plounéour-Menez en 2019, après avoir connu plusieurs autres communes rurales de la région, en raison de la préservation de l’environnement et de l’accueil des habitants, qualités qu’il continue à apprécier. Son activité de paysan herboriste s’exerce dans trois lieux complémentaires :

  • Son domicile qui lui sert aussi de laboratoire et d’entrepôt pour les produits qu’il commercialise,
  • Une petite parcelle de terre, située à proximité de son habitation et où il cultive une multitude de sortes de plantes,
  • Une serre située à Lesmenez où croissent des plantes plus fragiles.

Ses cultures comprennent des plantes médicinales et des plantes aromatiques, qui servent à élaborer des tisanes et des condiments Bio. Gwendal tient un étal au marché de Ty Grean (vendredi soir), de Pleyber-Christ (mardi soir), sur le marché d’été de Locquénolé et les marchés de Noël. Une partie de sa production est livrée directement aux restaurants.

En continuant la route, on découvre, à Lesmenez, Marie José GOARNISSON qui a repris l’exploitation de ses parents en 1995. Elle est secondée par un salarié. La production est spécialisée en élevage de vaches allaitantes de races Charolaise, Armoricaine, Galooway et croisée de Savoie et croisées de ces mêmes races. Une partie importante des surfaces de l’exploitation est constituée de prairies naturelles et de champs en herbe dans lesquels paissent différents troupeaux.

La vente de la viande se fait en circuit court, chez Jean ROSÉ, qu’on retrouve notamment dans les magasins INTERMARCHE. Marie José GOARNISSON pense déjà à la retraite et cherche un repreneur qui serait prêt à louer ses terres et s’installer à Plounéour-Menez.

Un peu plus loin sur cette route du Relecq, direction le bourg, c’est Deneza MAGUER, apicultrice à Penn Kerleon, Le Guillec qui nous présente ses abeilles. Elle exerce cette activité depuis une quarantaine d’années et possède plusieurs ruches dans un vaste jardin contigu à son domicile. Elle place également d’autres ruches dans des parcelles appartenant à des agriculteurs. Elle veille à installer ses ruches dans des endroits où elle sait que les parcelles ne subiront pas trop de traitements. Suivant les endroits où elles se trouvent et en fonction des fleurs, les ruches produisent des miels de différents parfums : toutes fleurs, miels de printemps, châtaigniers, pissenlit… Curieuse et toujours prête à apprendre, elle aime essayer de nouvelles productions et tester le résultat.

Le miel est vendu au détail sur le marché de Ty Grean et à son domicile. Deneza enseigne aussi le breton au sein de l’association LKT (Kerné, Léon, Trégor).

Pierre HENRY est le seul propriétaire de la ferme qu’il exploite à Kervian. Il s’est installé en 1992 après la retraite de son père, Aristide, qui avait lui-même repris l’exploitation après le départ de son père, Casimir HENRY.

La production conventionnelle est, essentiellement, animale avec un troupeau de vaches et un troupeau de taurillons engraissés pour leur viande. Suite à l’accroissement de la taille du camion de collecte qui ne pouvait plus accéder aux bacs de réfrigération dans lequel était stocké le lait, Pierre a transformé son troupeau en troupeau de vaches allaitantes, tout en conservant les mêmes animaux. Les 75 taurillons sont issus des mises-bas du troupeau ou achetés à l’âge de 6 à 18 mois et élevés à la ferme. Ils sont destinés à l’exportation (Italie, Espagne…). Les vaches sont essentiellement vendues à Intermarché ou Bigard.

Les cultures (herbes, maïs, céréales) nourrissent le cheptel. La variable d’ajustement de l’exploitation est la taille des troupeaux. Si les ressources alimentaires deviennent insuffisantes, en raison de mauvaises récoltes par exemple, Pierre réduit la taille de ses troupeaux.

Le GAEC des trois villages comprend 4 associés sur 2 exploitations : une sur la commune de Saint-Thégonnec Loc-Eguiner et une sur notre commune, à Roz ar Bic, exploitée par Christophe RUMEUR. Cette dernière a été reprise par le GAEC en 2013 après le départ à la retraite de Jean CROGUENNEC. Exploitée en conventionnel, la production est majoritairement laitière. A Roz ar Bic, les 120 hectares de l’exploitation sont essentiellement des pâturages destinés à l’alimentation d’une quarantaine de vaches taries ou de vaches de réforme et à des cultures (céréales, herbes, mais) destinées à l’alimentation du troupeau de vaches laitières basées à Saint-Thégonnec Loc-Eguiner (environ 160 têtes de race Holstein).

Le lait est vendu à EVEN qui distribue des produits sous la marque “Paysan Breton” ou marques de distributeurs. Le GAEC élève aussi quelques bovins pour la viande et a démarré une culture de lin.

La ferme de Roc’h Conan de Marie et Thomas MÉNAGER est située, comme son nom l’indique, à Roc’h Conan. Son activité principale est l’élevage de chèvres pour la production de fromages (Crottin frais, mi-sec, sec et cendré, Ficelle, Camembrique) et de yaourts. Le label bio a été obtenu en 2017. Les fromages sont vendus en direct à 80% sur les marchés de Plougasnou (mardi), de Huelgoat (jeudi), de Pleyben (samedi) et le marché à la ferme à Plonévez du Faou tous les 15 jours en juillet-août ou en direct à la ferme sur les heures d’ouverture : mardi-vendredi-samedi de 10h à 12h et de 18h à 19h. Les produits se retrouvent, aussi, au Super U de Pleyber-Christ, à la P’tite Epicerie à Pleyber-Christ ainsi que dans certaines crêperies.

Actuellement, Marie et Thomas ont 35 chèvres alpines (ils en ont eu jusqu’à 70 au plus gros de leur troupeau en 2017). Ils ont fait le choix de diminuer le troupeau pour une conduite raisonnée. Cela leur permet également un meilleur suivi de leur troupeau, ainsi que moins de risque sanitaire. La race de chèvre alpine a été améliorée génétiquement (en 20 ans passage de 600 litres par an par chèvre à 900 litres aujourd’hui). Le troupeau est renouvelé par insémination artificielle, 10 chevrettes par an sont gardées environ (sur 90 naissances en moyenne). Les mâles sont envoyés à l’abattoir. Au départ, le temps de se faire leur propre clientèle, ils vendaient leur fromage au Leclerc de Landerneau mais ce n’est pas la démarche qu’ils souhaitaient : ils préfèrent les circuits courts qui respectent les saisons de production (pas de fromage entre Noël et Mars). Les chèvres entrent dans l’aire paillée comme elles veulent (matin, soir pour la traite mais aussi la nuit, en cas de mauvais temps…). Installés sur Plounéour-Menez depuis 13 ans nous considérons être chanceux de pouvoir exercer notre métier sur une commune située en plein cœur des Monts d’Arrée. Déjà, il est agréable de travailler dans un milieu naturel préservé comme le nôtre. Aussi, l’agriculture n’ayant pas tous les jours bonne figure, il y est plus aisé de la pratiquer et plus intéressant de la partager avec des personnes ayant encore quelques notions sur les règles de la nature et le fonctionnement des animaux.”

Au Mengleuz, Sébastien CARRÉ produit du miel, mais réalise surtout, de l’élevage de reines pour former de nouveaux essaims, depuis 2018. Ils sont seulement 4 en France à exercer le métier d’inséminateur artificiel. Cela est de plus en plus important car il y a des problèmes de génétique chez les abeilles. En effet, le brassage génétique d’abeilles produit des races hybrides qui crée un risque de dégénérescence. Plus il y a des croisement de races, plus les abeilles deviennent agressives.

Ainsi les abeilles créées génétiquement sont plus gentilles, notamment la carnica. Sébastien réalise des inséminations chez les apiculteurs ou vend des reines déjà inséminées ou des reines vierges prêtes à naître de 3 races d’abeilles : l’abeille noire, la carnica et la burkfast. Sur la photo, on voit des cellules royales de reines qui naîtront la semaine suivante : il faut 16 jours entre l’œuf et la naissance.L’apiculteur a également 120 ruches pour avoir une bonne base de travail et suffisamment d’essaims. Il réalise ses récoltes de miel la journée afin de laisser le miel au chaud et fait son extraction la nuit. Son miel est disponible en vente directe ainsi qu’à Super U et à la supérette de Plounéour-Menez. Il souligne l’importance de préserver les abeilles en ces temps difficiles : l’utilisation de pesticides est très nocif pour les abeilles (dans certains secteurs, jusqu’à 13 pesticides différents peuvent être trouvés en une journée sur une abeille) et favorise la prolifération des frelons. Entre les pesticides et les frelons, 30 à 50% du cheptel est perdu tous les ans. La pression des frelons est telle que les abeilles ne sortent plus pour faire leur réserve et meurent au printemps. Quand il y a trop de frelons, les ruches sont déménagées. Sébastien est inquiet pour l’avenir est de l’apiculture : ”Il faut être un passionné pour faire ce métier. Les négociants préfèrent acheter le miel étranger moins cher que les produits artisanaux, de ce fait un label breton de qualité a été créé mais est difficile à lancer ».

Au Mengleuz, également, c’est Patrick NIVARD qui nous fait découvrir son activité. Il est “paysan cueilleur” de mars à septembre ; il cultive dans ses champs une trentaine de plantes (camomille,mélisse, sarriette, romarin, calendula, menthes, pensée sauvage, aubépine, ail des ours, ortie…) et cueille, sur des terrains labellisés Ecocert et AB, pour alimenter les productions de Flore d’Arree (tisanes) et Plantarree (huiles de macération, teintures mères, gemmothérapie).

Ce process de circuit très court, du terrain de Patrick vers le lieu de traitement des plantes, garantit des produits de qualités. Le reste de l’année, Patrick organise des stages de vannerie, et prépare… la récolte suivante. Il est passionné par son métier, adore travailler et vivre dehors. Ravi de la qualité de vie à Plounéour-Menez, il ne rechigne pas à transmettre ses savoirs à des stagiaires et aime contempler, parfois, ses champs, pour mieux les comprendre et les apprécier.

Toujours au Mengleuz, nous voilà chez Jean Philippe et Jessica MMARTIN. Ils sont éleveurs d’une centaine de vaches laitières. Ils travaillent avec la laiterie Laïta (anciennement EVEN) qui produit les marques “Paysan Breton », « Madame Loïk », « Mamie Nova », les crêpes Even et le camembert Kergall. Jean Philippe est installé depuis mai 1999 et Jessica l’a rejoint le 1er mai 2013 (auparavant elle travaillait en pharmacie). Ils ont également de veaux et bœufs pour la viande pour leur auto-consommation et vendent le surplus en directe, à la ferme, en caissettes sous-vide.

Les céréales produites alimentent le bétail, complétées par 105 ha de pâturages. Il a fallu plusieurs décennies pour obtenir des vaches “rouges” au sein de leur cheptel. Les veaux mâles sont vendus et les femelles sont gardées pour renouveler le troupeau.

Thomas DANTEC, nous accueille quant à lui à Kerguz. Prenant la suite de son père, Jean-Yves DANTEC, converti au bio depuis 2020, il exploite sur 85 ha près de 90 bêtes en tout : 63 vaches et leur suite, au moment où il nous reçoit, et 13 à 15 petits. Toute la surface agricole est recouverte de graminées, de luzerne et de trèfles uniquement. Il apprécie particulièrement la liberté que lui confère l’agriculture bio : plus de flexibilité, moins de contraintes, moins de pression…

Le lait est collecté par la SAS Biolait, coopérative d’éleveurs. Les produits issus de cette production sont commercialisés sous le nom distributeur de Super U ou Biocoop, ou par Physiolac pour le lait en poudre pour bébé. Tout le lait est, donc, destiné à la consommation directe. Thomas et ses vaches produisent 250 000 litres par an, à raison de 300 jours de lactation par bête, en moyenne, sur une année. Travaillant seul, il réussit à s’octroyer 15 à 20 jours de vacances annuelles. Mais selon son propre aveu, il est ravi ainsi et, aurait sûrement beaucoup de difficultés à reprendre le rythme du travail en équipe !

Voici Maïna MAZURIER, à Roz-ar-Bi,c dans son élevage de poules pondeuses de plein-air.

Installée depuis le 1er avril 2018, elle élève 30 000 poules sur 12 hectares de parcours. Les poulettes arrivent chez Maïna, prêtes à pondre lorsqu’elles ont 4 mois (elle n’élève pas de poussin). Elles restent ensuite 2 mois dans le bâtiment, (jusqu’à leur 6 mois) avant de sortir en extérieur (sauf crise comme épidémie de grippe aviaire par exemple). La cohorte de poules reste 13 mois environ dans son élevage. Entre chaque cohorte, il y a un vide d’un mois, le temps de nettoyer le poulailler et de le re-préparer.

Maïna a un contrat avec la coopérative “Le Gouessant”, ses œufs partent ainsi chez Kerhoas à Milizac et peuvent être retrouvés dans les magasins sous la marque “L’œuf de nos villages”. Ce qu’elle apprécie le plus dans son métier : le fait d’être son propre patron et de pouvoir concilier à son rythme la vie professionnelle et la vie familiale. Le point faible de ce métier : le fait de devoir être présente tous les jours, Maïna s’offre une seule semaine de vacances dans l’année, et parfois quelques jours entre deux cohortes.